Conseillers – Accès aux marchés : Philippines

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Philippines

Grâce à sa démographie galopante et à la montée de sa classe moyenne – en grande partie attribuable à la croissance soutenue du secteur de l’impartition des processus d’affaires et des envois de fonds par les travailleurs expatriés –, les Philippines sont devenues l’étoile montante de l’Asie offrant des débouchés à profusion aux entreprises canadiennes.

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Les Philippines ont leur place au palmarès des économies asiatiques à l’essor le plus rapide. Selon Bloomberg News, la belle performance du PIB se maintiendra, après des gains de plus de 6,5 % en 2016.

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Le pays profite d’un fort dividende démographique : la majeure partie de sa population de plus de 100 millions d’habitants, dont l’âge médian est d’à peine 23 ans, parle l’anglais et est apte à la formation.

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Les exportations canadiennes à destination des Philippines se chiffrent à plus de 569 millions de dollars annuellement. Les secteurs les plus porteurs sont l’agroalimentaire, la viande congelée, les TIC, l’infrastructure et l’aéronautique.

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Aperçu

Klaus Houben

Représentant en chef, Asie du Sud-Est,
Exportation et développement Canada

« Les Philippines [sont] de plus en plus attrayantes pour les entreprises désireuses d’explorer la région. »

Pourquoi les entreprises canadiennes devraient-elles envisager de faire des affaires aux Philippines?

Les Philippines présentent beaucoup de débouchés. Ce pays, dont le taux de croissance est de 6 ou 7 %, est la coqueluche de la région depuis trois ou quatre ans. L’ancien président Benigno Aquino a mis en œuvre de nombreuses réformes économiques fructueuses et est parvenu à faire reculer la corruption, bien qu’il reste encore beaucoup à faire. Ces réformes devraient être maintenues par le nouveau président, Rodrigo Duterte, dont les grandes priorités sont la lutte contre la criminalité et l’accélération de l’aménagement des infrastructures.

Comment les entreprises étrangères abordent-elles habituellement ce marché?

La plupart des entreprises étrangères choisissent d’établir leur centre d’affaires à Singapour, mais certaines ont aussi un petit bureau de représentation sur place. Pour réussir aux Philippines, il est important de s’allier à de bons partenaires locaux, en particulier les familles influentes qui dominent le paysage commercial. Néanmoins, il faut tenir compte de certaines difficultés persistantes : la corruption est encore répandue et la participation étrangère est restreinte dans certains secteurs. De plus, les conflits territoriaux avec la Chine, particulièrement en mer de Chine méridionale, pourraient faire obstacle à l’investissement direct à l’étranger.

Quels sont les principaux avantages pour les entreprises canadiennes? Quels secteurs sont attirés?

Les entreprises du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) prêtent de plus en plus attention aux Philippines, largement en raison de leur excellente réputation pour l’externalisation des processus d’affaires. L’aménagement d’infrastructures civiles (comme la construction de routes à péage, de routes express ou d’aéroports) ainsi que la production et la distribution d’électricité présentent de nombreuses occasions pour les entreprises canadiennes. De plus, l’anglais est largement répandu; la langue n’est donc pas une barrière pour les entreprises canadiennes, ce qui est un avantage considérable.

Contexte Commercial

Wayne Farmer

Président, Conseil de commerce Canada-ANASE et associé directeur,
Islemount Limited

« Plusieurs [entreprises] arrivent à un point où elles changent de main, et c’est maintenant la troisième génération qui prend les rênes. »

À quoi le paysage commercial ressemble-t-il?

On trouve surtout des entreprises familiales. Plusieurs d’entre elles arrivent à un point où elles changent de main, et c’est maintenant la troisième génération qui prend les rênes. Ces jeunes dirigeants ont pour la plupart étudié à l’étranger et sont fortement influencés par la mentalité occidentale.

Qu’est-ce que ça veut dire pour les entreprises canadiennes?

La dynamique de ces entreprises familiales est intéressante, mais pas toujours comprise des entreprises étrangères. La société philippine respecte ses aînés. Un membre de la troisième génération a beau être à la tête de l’entreprise, il est probable qu’il se ravise si son père ou son oncle désapprouve une de ses stratégies. Celui qui a le dernier mot n’est donc pas nécessairement le chef de la direction avec qui vous parlez, mais peut-être ce monsieur plus âgé et moins bien habillé que les autres qui assiste aux réunions.

Y a-t-il d’autres facteurs familiaux ou culturels à prendre en compte?

Les familles s’investissent tellement dans les entreprises qu’elles peuvent se retrouver disloquées par les divergences. Vous pourriez être privé de certains débouchés si un groupe découvre que vous êtes associé à un autre qu’il n’apprécie pas. Il est impossible de rester neutre et de vendre à tout le monde : il arrive que vous deviez choisir vos alliances comme vous choisissez vos partenaires ou vos clients.

Ressources Humaines

Jun Gil

Président, AMROP Partnership SCRL

« Les entreprises canadiennes seront rassurées de savoir que les pratiques commerciales locales sont fortement inspirées des pratiques nord-américaines et européennes. »

Qu’est-ce qui caractérise le marché du travail aux Philippines?

Il est facile de trouver des cadres et des dirigeants très qualifiés : les candidats de cet échelon ont reçu une très bonne éducation. L’anglais est couramment utilisé pour les affaires, alors la langue n’est pas un problème. La rémunération s’aligne sur celles des multinationales, qui sont très présentes aux Philippines. Les entreprises canadiennes seront rassurées de savoir que les pratiques commerciales locales sont fortement inspirées des pratiques nord-américaines et européennes.

Y a-t-il des secteurs pour lesquels il est difficile de trouver de la main-d’œuvre qualifiée?

Le secteur de la fabrication compte généralement peu de travailleurs qualifiés, parce que ces deux dernières années, de nombreuses activités de fabrication ont été intégrées au marché de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et déplacées vers un pays plus central, comme la Malaisie ou la Thaïlande, et même la Chine. Toutefois, nous voyons en ce moment une vague d’entreprises japonaises qui retournent s’implanter aux Philippines. La main-d’œuvre qualifiée pour la fabrication se renouvellera donc au fur et à mesure que des entreprises japonaises ou occidentales s’établissent dans le pays.

Y a-t-il des restrictions pour les entreprises qui veulent qu’un travailleur canadien supervise leurs activités aux Philippines?

Il n’y a pas de restrictions, parce qu’il y a énormément de débouchés. Contrairement à Singapour, où on craint que les travailleurs étrangers s’approprient les emplois de la population locale, les Philippines accueillent les talents qui peuvent être mis à contribution et apporter de nouvelles idées.

Questions Juridiques

Hiyasmin Lapitan

Associée, SyCip Salazar Hernandez & Gatmaitan

« Les fabricants et les entreprises du secteur de l’énergie renouvelable pourraient avoir droit à des incitatifs fiscaux. Quant aux activités minières, une participation locale d’au moins 60 % est exigée. »

Quels aspects liés aux lois et aux règlements les entreprises canadiennes devraient-elles connaître?

Les Philippines ont signé plusieurs traités, dont une convention fiscale à laquelle sont assujettis les fournisseurs canadiens qui veulent exporter aux Philippines. Les investisseurs sont soumis à différentes lois en fonction de leurs activités. Les fabricants et les entreprises du secteur de l’énergie renouvelable pourraient avoir droit à des incitatifs fiscaux. Quant aux activités minières, une participation locale d’au moins 60 % est généralement exigée.

Les investisseurs canadiens devraient veiller à respecter la Philippine Competition Act et ses règlements d’exécution, promulgués récemment et principalement appliqués par la Philippine Competition Commission. En fonction de plusieurs facteurs, par exemple la valeur de la transaction (ce terme est défini dans les règlements) – si elle excède ou non un milliard de pesos philippins – ou le pourcentage des actions d’une entreprise philippine qui seront acquises, une fusion ou une acquisition pourrait être assujettie à la loi, et les parties pourraient devoir déposer un avis avant de conclure la transaction définitive et d’attendre la fin de la période d’évaluation applicable ou d’obtenir l’approbation par la Commission avant son exécution. Les investisseurs devraient garder à l’esprit la possibilité d’une mise à jour des  règlements, qui sont fréquemment modifiés.

Les entreprises étrangères établissent habituellement aux Philippines une filiale, une succursale ou un bureau de représentation. Quelles sont les exigences à respecter?

Pour établir une filiale, il faut au moins cinq fondateurs, dont trois résidents philippins. Le secrétaire doit être citoyen, de même qu’au moins trois membres du conseil d’administration. Il peut être plus facile d’établir une succursale : il ne faut qu’un mandataire résidant au pays qui recevra les avis, les assignations et les autres communications au nom de l’entreprise. De manière générale, une filiale ou succursale d’une entreprise étrangère qui compte principalement vendre sa marchandise ou ses services aux Philippines doit avoir un capital minimal de 200 000 dollars américains. Ce montant n’est que de 30 000 dollars américains pour un bureau de représentation, dont les activités sont toutefois limitées au marketing, à la diffusion d’information et à la communication avec les clients.

Quels sont les règlements sur la propriété foncière applicables aux entreprises canadiennes?

Les entreprises canadiennes ne peuvent pas être propriétaires de terres privées; seuls les citoyens philippins le peuvent. Toutefois, les entreprises étrangères sont autorisées à acheter d’autres biens immobiliers comme des immeubles, ou encore à signer un bail foncier de 25 ans, reconductible une fois. Conformément à la loi sur le bail pour les investisseurs (ILA), cette durée peut être de 50 ans, reconductible pendant 25 ans, pour certains investisseurs étrangers, notamment ceux qui veulent construire une usine sur des terrains privés.

Anti-corruption

Michelle Juan

Consultante, Développement des affaires,
Asie-Pacifique, TRACE International

« En 2016, les Philippines se situent au 151e rang sur les 199 pays du classement TRACE, qui mesure le risque de corruption pour les entreprises. »

Comment décririez-vous le risque de corruption dans votre région?

Aux Philippines, la corruption est généralisée et profondément enracinée dans toutes les strates de la société. Les secteurs les plus touchés sont habituellement ceux en lien avec les marchés publics et ceux qui sont strictement réglementés, comme la construction, l’ingénierie, les industries extractives, la production d’électricité, les télécommunications, le transport et la logistique.

En 2016, les Philippines se situent au 151e rang sur les 199 pays du classement TRACE, qui mesure le risque de corruption pour les entreprises. La cote globale de risque de 71 octroyée aux Philippines dénote un risque élevé, surtout en raison des interactions très fréquentes avec le gouvernement, des lourdes exigences réglementaires et de la forte probabilité des pots-de-vin.

Comment ces risques touchent-ils les entreprises canadiennes?

Les entreprises étrangères sont particulièrement vulnérables lorsqu’elles traitent avec les autorités douanières ou l’administration fiscale, demandent des permis ou des licences au gouvernement, soumissionnent des contrats du secteur public ou recourent aux mesures gouvernementales d’encouragement à l’investissement.

À cause de la lourdeur et de la complexité de la bureaucratie, certaines entreprises canadiennes ont recours à des paiements de facilitation, même s’ils sont interdits par la loi philippine. Difficiles à définir, ils sont impossibles à contrôler.

Les exportateurs canadiens devraient de plus gérer les risques liés aux tiers. Il faut souligner qu’une entreprise pourrait être tenue responsable des pratiques illégales auxquelles ont recours ses intermédiaires (courtiers, conseillers ou consultants) pour conclure des affaires.

Comment les sociétés canadiennes peuvent-elles se protéger de ces formes de corruption?

D’abord, elles doivent dénoncer toute demande de pot-de-vin; rappelons que le nouveau président, récemment élu, avait fait de la lutte contre la corruption et la criminalité le cheval de bataille de sa campagne électorale.

Deuxièmement, les entreprises devraient arriver aux Philippines munies d’un solide programme de conformité qu’elles sont résolues à implanter. Ce programme devrait inclure :

  • un engagement de la direction et une politique de lutte contre la corruption;
  • des contrôles internes pour déceler la corruption et prévenir les pots-de-vin;
  • un plan de formation continue pour les employés et les tiers;
  • un contrôle préalable des risques et la surveillance continue des tierces parties.

Finalement, les entreprises étrangères devraient faire affaire uniquement avec des partenaires dignes de confiance. Elles doivent vérifier soigneusement les antécédents de leurs intermédiaires et exiger la preuve qu’un programme de conformité et une formation anticorruption sont appliqués. En collaborant avec des entreprises agréées par TRACE, les sociétés étrangères s’assurent que les tiers avec lesquels elles font affaire ont suivi un processus de contrôle préalable rigoureux et conforme aux normes internationales.

Les entreprises peuvent aussi consulter TRACEpublic, le premier registre mondial qui permet aux sociétés de transmettre et de trouver gratuitement de l’information sur la propriété véritable. La base de données facilite les efforts des entreprises soucieuses d’adopter des pratiques commerciales éthiques.

Elles peuvent aussi s’adresser au Service des délégués commerciaux du Canada aux Philippines, qui offre de l’aide aux entreprises canadiennes exerçant des activités dans le pays.

Exportation et développement Canada ne soutient ni ne favorise aucune des organisations figurant à la présente liste et n’est pas responsable des actions entreprises par celles-ci.

Nous pouvons vous aider à réussir aux Philippines.
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Conseillers – Accès aux marchés : Philippines was last modified: février 12th, 2018 by Export Development Canada.
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